Lundi dernier j'étais à une exposition organisée par mes voisins. J'ai pu vérifier qu'il s'agit de gens charmants; l'exposition n'était pas réservée aux habitants de l'immeuble et quand j'ai indiqué que j'habite trois étages plus haut, ils m'ont poliment demandé s'ils ne faisaient pas trop de bruit les dimanches matins (la réponse est non).
La personne qui nous a accueilli à l'entrée nous a guidés vers une maquette reproduisant une scène de vie qui se serait déroulée à plusieurs reprises, il y a quelques milliers d'années dans le désert. Tous les éléments de la maquette (ou presque) étaient chargés assez lourgement de symboles qu'il a détaillés avec précision et conviction. Il nous a expliqué l'histoire que raconte cette maquette pendant près d'une demi-heure. La symbolique de chacune des pièces de l'ouvrage, la signification d'une pièce du bâtiment en bois, argent, or, tout cela se trouvait minutieusement rapporté dans un livre. C'est pour cela qu'on sait que c'est vrai. D'ailleurs un livre un peu plus récent vient compléter et affiner le sens donné à la maquette, même si tout le monde n'adhère pas à ce nouveau point de vue.
Bref. Mes voisins, c'est l'« assemblée de dieu » (évangélique) qui se situe au rez-de-chaussée de mon immeuble, l'exposition est une « expo bible » et la scène c'était l'organisation de la vie commune d'un campement juif autour du temple portatif de l'ancien testament (mot-clef: tabernacle).
Nous n'avons que survolé le reste de l'expo qui contenait aussi une autre maquette (de l'arche de Noé) ainsi qu'une belle collection de bibles d'âges divers et traduites en pas mal de langues (il y avait même, car il convient de s'adapter au client, une bible en BD).
C'était une expérience intéressante, je suis toujours curieux de ce que les cultes et sectes diverses prétendent nous apporter, sans parler des méthodes d'approche et de recrutement déployées (j'ai reçu une bible gratuite, une invitation au concert de clôture d'hier « pour avoir la parole du seigneur en chant » et une enveloppe réponse me permettant de demander plus d'informations, d'obtenir une cassette vidéo résumant la parole des évangiles, ou enfin demander qu'on me contacte voire qu'on prie pour moi).
Ce n'est que lors du commentaire accompagnant la maquette de l'arche de Noé (« il devait être très persévérant, ses voisins se sont moqués de lui pendant 120 ans »; « À cette époque il ne pleuvait pas, c'est l'humidité ambiante qui assurait la pousse des plantes donc on l'a pris pour un fou lorsqu'il a annoncé un déluge ») que j'ai commencé à me sentir bizarre et vouloir rentrer car, vous l'aurez remarqué, tout était énoncé avec des temps de l'indicatif.
Je viens de finir de lire La divine comédie. Je me suis trompé dans ma commande et j'ai donc lu une édition Larousse édulcorée dans laquelle on a procédé à des coupes claires pour se ramener au niveau du lectorat ciblé. J'ai quelques doutes sur la nature de ce lectorat d'ailleurs, qu'on explique par notes le sens de mots tels que avachi, vaillant, nonchalant, torve, livide, dépouille (et j'en passe de plus grotesques) me laisse perplexe. Il manque des passages complets sur certains cercles des enfers (et d'autres choses encore). Il parait qu'ils sont restés fidèles au texte original. En tout cas je me suis bien fait chier en lisant. Une version complète m'aurait peut-être tout autant ennuyé, qui sait.
Hier sur l'autoroute, un des panneaux censé informer les conducteurs de possibles accidents de trafic (lorsqu'ils ne sont pas utilisés pour afficher un message vaguement moralisateur) m'interrogeait directement sur le sens de la vie, de l'univers et de la conduite avec, je cite :
La vitesse, est-ce la vie ?
Là normalement, on est censé se dire que 170 ça commence à faire beaucoup et lever le pied vers un raisonnable 165km/h. À la place, je me suis perdu dans mes réflexions style dissertation de français au bac (c'est bien le genre de sujet à la con qu'ils sont capables d'y poser). Pour les idiots comme moi, je suggère donc un plus direct quoiqu'orwellien « La vitesse c'est la mort », au moins on saura à quoi s'en tenir.
Un art martial, ça serait la science de la vie et de la mort. Une lecture intéressante.
Ami lecteur, si tu pratiques un art martial et que tu as déjà réfléchi au pourquoi, je suis curieux.
Hemingway en dit que toute la littérature américaine en découle, c'est considéré comme l'un des premiers Grands Romans Américains, et ça ne m'empêche pas d'arrêter la lecture de Adventures of Huckleberry Finn après 8 chapitres d'une lecture poussive. Le style est pénible, l'aventure ne m'intéresse pas plus que les personnages. C'est rare que je ne lise pas complètement un livre que je commence, mais là j'arrête les frais.
Samedi il faisait un temps superbe et j'étais skier aux 7 Laux. C'est la première fois que j'oublie de prendre de la crème solaire. C'est aussi la dernière.
Hier soir, alors que tout le monde trinquait avec sa coupe de champagne, je n'ai pas pu m'empêcher de faire remarquer qu'un protocole dont la complexité en nombre de communications est quadratique n'est pas satisfaisant. Pas vraiment VDM mais quand même.
Aujourd'hui c'est la Saint Patrick et ma distance au plus proche pub irlandais (ou pub tout court) se mesure en dizaines de kilomètres.
Je faisais mes courses lundi soir dans un hypermarché que je fréquente régulièrement. À la caisse on me demande (comme d'habitude) si j'ai une carte de fidélité, comme d'habitude je réponds que non.
Contrairement à l'habitude, on me demande si j'en veux une et, dans l'intérêt de la science, je décide de répondre oui pour avoir une idée de la procédure. Il faut dire que je souffre d'un besoin maladif d'avoir mes moindres achats épiés et répertoriés dans une base de données à but commercial, en l'échange de bonus et réductions dérisoires.
Le formulaire est simple à remplir, il se compose d'une feuille de baratin expliquant pourquoi il est capital pour mon bien-être de le remplir, et du formulaire proprement dit où toutes les infos ou presque (à savoir, sauf le nom et l'adresse) sont facultatives. Je vais donc à l'accueil pour recevoir un stylo et remplir mon précieux formulaire.
L'hôtesse de l'accueil me jette un stylo. Je remplis le strict minimum. puis je bloque sur le « Je déclare avoir pris connaissance des conditions générales d'utilisation de la carte de fidélité » suivi de l'emplacement pour signature. Je demande ces conditions à l'hôtesse qui me gratifie d'un regard et d'un ton que l'on réserve aux débiles profonds pour me répondre qu'il s'agit d'une simple carte de fidélité, pas d'une carte de paiement. J'explique avec le sourire que je ne peux pas déclarer avoir lu un document que je n'ai pas vu. Agacée, elle prétend que les conditions, c'est ce que j'ai entre les mains. Et que si je ne signe pas, ma carte ne sera pas activée. Je retourne la feuille qui ne contient évidemment que du pipo commercial, fais remarquer que ça ne ressemble pas à des conditions d'utilisation, d'ailleurs ça n'en porte pas le titre, et renouvelle ma demande.
Le collègue de mon hôtesse (qui n'avait rien de charmante) prend le relai pour la ménager et me propose d'aller voir au service spectacles et billeterie, ils les ont sûrement, ces fameuses conditions. Je vais patienter à ce guichet. Au bout de cinq minutes, quelqu'un s'occupe de moi, prend mon formulaire (rempli sauf la signature), et me demande ce que je souhaite tout en signant mon formulaire. Après avoir signé, son cerveau se met en marche et lui fait s'écrier « Merde, j'ai signé à votre place! ». Je lui explique donc mon souhait de voir les conditions d'utilisation de la carte. Pendant ce temps il recopie mon formulaire maintenant bon à jeter sur un formulaire vierge. Il ne les a pas, ces conditions, mais il me donne un catalogue d'avantages liés à la carte, me présente le quatrième de couverture en pointant l'adresse du service marketing et me suggère de leur écrire pour leur demander. Il finit de recopier mon formulaire, le retourne vers moi et me tend le stylo en me disant « Voilà je vous laisse signer ».
Là, j'avoue que le fou rire n'est pas loin. Mais je garde mon calme et lui explique que mon problème n'a pas été magiquement résolu. Toujours pas de conditions, toujours pas de signature. Il m'informe pour finir qu'il doit donc conserver le formulaire tant que je ne l'aurai pas signé. Je pense qu'il va pouvoir le conserver longtemps.
Je ne sais pas ce qu'il y a de plus marquant dans mon expérience :
Il n'y a sans doute pas de raison de leur en vouloir à eux particulièrement d'être aussi mauvais dans leur relation client, aussi arrogants et désinvoltes concernant un document qui prétend me lier à des conditions d'utilisation que je n'avais pas l'intention d'accepter de toute façon. Mais parfois il m'arrive d'imaginer que les enseignes de supermarchés dans mon coin, toutes tailles confondues, ne porte pas toutes ou presque la marque Casino.
Dans l'intérêt de la science, de la médecine, et de ma santé et celle de mes proches, je voudrais bien qu'on m'explique combien de temps une bouteille de rosée ouverte se conserve au frigo. Un ordre de grandeur suffira. Merci.
Aujourd'hui j'ai acheté un album complet de Nine Inch Nails pour 5$. Trent Reznor est mon héros.
Aujourd'hui, ou plutôt un jour non déterminé depuis samedi, un boulet dans l'immeuble a eu la bonne idée de casser une clef dans la serrure du local à poubelle, facilitant grandement l'évacuation des déchets pour tous les occupants. VDM.
Merci à Natacha de m'avoir fait découvrir ce site merveilleux.

Samedi j'étais au musée d'art contemporain de Lyon voir l'exposition Keith Haring, c'était vraiment très chouette. Il y avait même une salle déconseillée aux âmes sensibles, alors que les œuvres les plus rigolottes n'étaient pas présentes.
Natacha m'a désigné pour participer à un schéma pyramidal où on ne gagne pas d'argent, c'est dire l'arnaque. Un peu comme chat-bite, le fun en moins.
En bon Erisien, je vais ne pas respecter le règlement, à savoir
Voici donc quelques factoïdes me concernant.
J'ai fait du tir à la carabine étant petit. Il s'agissait de carabine à air comprimé avec laquelle je tirais sur cible en carton à 10m, en étant assis et la carabine reposant sur un coussin (c'était plus facile étant donné ma catégorie d'âge). J'étais plutôt bon, et sélectionné une année aux championnats de France. Le tir à la carabine m'a permis de développer la patience, la concentration, le goût de la précision, du silence et de la solitude, et d'apprécier ces qualités chez les autres ou, hélas, les regretter quand elles leur font défaut.
Je ne suis pas un « collectif ». Une victoire d'équipe ne me transporte pas de bonheur (même si c'est mieux de réussir), et une défaite d'équipe m'en touche une sans presque faire bouger l'autre. On s'étonnera peu donc que je déclare avoir copieusement détesté ma courte expérience de joueur de foot en club, rien de plus qu'une torture organisée et imposée, pour dévier aussi vite que possible vers les sports de raquettes.
On reste dans le sport, ou pas, on passe à l'art. Je fais de l'aïkido. L'intérêt de dire cela, c'est que ça dévoile plus de choses sur moi que mon simple emploi du temps. Si j'apprécie l'aïkido, et chacun a ses raisons, c'est à cause en partie de ma fascination pour la recherche « japonaise » (ou l'idée qu'on se fait de japonaise) du geste parfait, du placement idoine, de l'harmonie avec le déplacement de l'adversaire (pardon, du partenaire) qui l'emmène dans le déséquilibre et le neutralise sans lui infliger de dommage corporel, tout en lui faisait comprendre que c'était une très mauvaise idée d'attaquer. C'est un peu comme de pouvoir aspirer une nouille japonaise après l'avoir habillée de la juste quantité de sauce, et ne pas se mettre la moindre tâche sur le costard. Bref, l'aïkido c'est ce que j'ai trouvé de plus proche de mon héros Lu Tze dans Thief of Time.
Quatrième item, je suis fasciné par les religions, cultes, sectes, et croyances que l'humanité a su s'inventer avec beaucoup d'imagination depuis son histoire. Pour être franc, je ne comprends pas que ça ne fascine pas plus de monde. Du rôle ambigu que les croyances ont joué dans le développement de la civilisation, et qu'elles prétendent avoir encore le droit (voire le devoir) de jouer de nos jours, à leurs exigences plus ou moins absurdes imposées aux croyants, en passant par l'étude des mécanismes d'extension, de conversion et leur rhétorique, il y a vraiment de quoi s'occuper. Que les choses soit claires, ma démarche provient d'une approche "know your enemy", mais ça ne veut pas dire que j'aborde les religions et leurs adeptes avec hostilité.
Avec un sens de la transition qui va vous laisser pantois, je m'amuse à élever toute règle plus ou moins arbitraire qui m'amuse au rang de dogme indiscutable, dans le but évident de moquer les « vraies » religions (et aussi juste parce que c'est fun). C'est ainsi que je suis passé au sujet de la typographie par exemple d'une béate ignorance à un fanatisme concernant le bon usage des signes de ponctuation et leur espacement correct. Je soupçonne qu'il s'agit d'un tic fréquent chez les informaticiens. Évidemment, ça serait dommage de devenir vraiment dogmatique...
Est-ce encore un mystère pour vous ? Je suis développeur Debian et utilisateur de logiciels libres, pour des raisons éthiques (si si, j'en ai) ainsi que techniques.
Pour arriver à six (haha non, ça fait sept, je vous ai bien eu), je conclus en déclarant que j'exerce actuellement un métier qui n'est pas terriblement éloigné de celui qui me servait de réponse générique lorsqu'on me posait la question au collège de « ce que je voudrais faire plus tard », à une époque où il me semblait dommage de devoir un jour arrêter d'étudier (pour info, je répondais « prof de maths », c'est certainement moins sexy que spationaute mais je n'avais pas de prof spationaute au collège...).
Le goban est constitué d'un quadrillage de 19 lignes de long sur 19 lignes de large. On place les pierres sur les intersections entre les lignes.
On appellera goban et on notera G l'ensemble {1, ..., n}2 où n est un entier (usuellement n=19). On peut placer une pierre et une seule sur chaque élément de G. Une pierre est identifiée par sa position g de G et sa couleur (noire ou blanche). Par abus de langage, on pourra identifier une pierre et sa position lorsque le contexte le permet. L'état du goban est la liste des pierres qui sont posées dessus.
Les pierres se connectent lorsqu'elles se touchent selon des directions haut-bas ou gauche-droite. Les diagonales ne comptent pas. Plusieurs pierres qui se touchent successivement forment un groupe.
On dit que deux pierres de même couleur sur G sont en relation par la relation R si elles partagent une coordonnée et que l'autre ne diffère que d'un. Un groupe de pierres est une classe d'équivalence pour la clôture réflexive et transitive de la relation R.
Je laisse la suite de la formalisation au lecteur courageux (bonne chance pour le seki).