Je viens de finir de lire La divine comédie. Je me suis trompé dans ma commande et j'ai donc lu une édition Larousse édulcorée dans laquelle on a procédé à des coupes claires pour se ramener au niveau du lectorat ciblé. J'ai quelques doutes sur la nature de ce lectorat d'ailleurs, qu'on explique par notes le sens de mots tels que avachi, vaillant, nonchalant, torve, livide, dépouille (et j'en passe de plus grotesques) me laisse perplexe. Il manque des passages complets sur certains cercles des enfers (et d'autres choses encore). Il parait qu'ils sont restés fidèles au texte original. En tout cas je me suis bien fait chier en lisant. Une version complète m'aurait peut-être tout autant ennuyé, qui sait.
Hemingway en dit que toute la littérature américaine en découle, c'est considéré comme l'un des premiers Grands Romans Américains, et ça ne m'empêche pas d'arrêter la lecture de Adventures of Huckleberry Finn après 8 chapitres d'une lecture poussive. Le style est pénible, l'aventure ne m'intéresse pas plus que les personnages. C'est rare que je ne lise pas complètement un livre que je commence, mais là j'arrête les frais.
Je viens de finir de lire Les vraies lois de l'économie de Jacques Généreux. Une lecture à mettre entre toutes les mains, et qui permet d'apprécier les commentaires d'analystes économiques avec un salutaire recul.
J'enchaîne avec The Science of Discworld II: The Globe qui utilise un histoire façon Discworld comme support de réflexion sur les sciences, l'histoire des sciences, et l'homme. Sans surprise, ça commence très bien.
Ces deux livres m'ont été offerts par Florimond. Je dis ça en passant, sans suggérer quoi que ce soit sur les futures occasions de me faire des cadeaux.
Je viens de finir de lire To Say Nothing of the Dog, offert par Bertrand, et j'enchaine tranquillement avec Les vraies lois de l'économie offert par Florimond. Je pense qu'il y a un complot au KomiTê pour que mon pipeline de lecture ne désemplisse pas.
Concernant To Say Nothing of the Dog, c'était vraiment une très bonne lecture. Les protagonistes sont parfois un peu tantes, j'avais quelques chapitres d'avance sur eux sur l'identité du mystérieux Mr. C, sans parler du destin du bishop's bird stump (je me demande comment ça se dit en français). Par contre, concernant le dénouement final de comment tout fait globalement du sens, doh, faut avouer que c'était tordu.
Ce vendredi j'ai fini de lire Moby-Dick, de Herman Melville. Ça faisait un moment que je me le trainais, c'est dire si c'était chiant. Dans un style grandiloquent et vieillot (forcément, vu l'époque), on se tape quelques centaines de pages de descriptions de baleines (passionnant, surtout que le narrateur commence par déclarer péremptoirement qu'il s'agit de poissons) entrelacées de quelques pages intéressantes où se déroule quelque chose qui ressemblerait, de loin, à une histoire.
Comme ça ne me suffisait pas, j'ai entrainé Laure voir la pièce ce même vendredi soir. Alors je ne comprends pas bien l'intérêt de jouer la chose en italien. On y perd l'accent de Nantucket. D'accord, c'était pénible dans la VO, mais en italien ça reste pénible, juste différemment. Surtout que le sur-titre ne nous a traduit que 50% à 60% du texte parlé. Sans parler des portions jouées dans ce qui pouvait être une approximation de langue des signes (va savoir, je ne parle pas cela).
Mais ça serait injuste de dire que la pièce était chiante parce qu'en italien. Par exemple ma voisine de droite parlait un italien impeccable, et ça ne l'a pas empêché de s'endormir pendant une bonne moitié de la pièce.
Dernier détail sympathique, pour symboliser l'arrivée d'une baleine on nous foutait deux spots puissants en pleine tronche, la moitié des spectateurs se protégeant tant bien que mal les yeux avec la main.
En conclusion, aussi bien la version livre que pièce de théatre n'aura pas été une franche réussite. Mais grâce à Bertrand je viens de commencer à lire To Say Nothing of the Dog, et ça démarre largement mieux.
Avec la semaine du 5 au 9 juin 2006 je viens de finir de lire les archives de Doctor Fun. Je trouve qu'il s'améliore vers la fin. Dommage qu'il a arrêté. Ci-joint un des derniers que j'ai trouvé plein de finesse et de poésie.
Quelques remarques en passant sur ce que j'ai lu récemment.
Traité d'athéologie : Physique de la métaphysique de Michel Onfray. Certes, les religions (du livre, c'est ce qui est traité dans le bouquin) sont violentes, hostiles à la connaissance et à la libre jouissance de l'être humain. Mais ceux qui le savaient déjà n'ont pas appris beaucoup, et les autres n'y mettront pas le nez. Disons que je n'ai pas bien compris l'objet du bouquin.
Portnoy's Complaint de Philip Roth. Écrit sur le style d'une confession à un psy, les mésaventures amoureuses d'un Juif à la mère possessive avec des relations à son enfance. Plutôt drôle, même pour quelqu'un qui ne se passionne pas initialement pour la question.
Das Jesus Video de Andreas Eschbach. J'ai mis du temps à rentrer dans cette histoire de fouille archéologique particulière, un science thriller comme disent les spécialistes. Mais une agréable lecture au final.
An Imaginary Life de David Malouf. L'histoire de ce Romain exilé en barbarie est à découvrir soi-même. J'en ai déjà trop dit, pour les puristes qui veulent se laisse surprendre sur toute la ligne. C'est mignon.
Petit déjeuner chez Tyrannie de Éric Naulleau suivi de Le crétinisme alpin de Pierre Jourde. Les suites et la polémique autour de La littérature sans estomac du point de vue de son éditeur et de son auteur. La littérature sans estomac est un prérequis. C'est écrit avec le même humour salutaire face au harcelement et à la mauvaise foi que déploit « le camp d'en face » des critiques littéraires « autorisés ». J'ai beaucoup aimé.
Sur le rêve de Sigmund Freud. Une version presque vulgarisée et raccourcie de son ouvrage sur l'interprétation des rêves. Je ne suis pas plus convaincu par la théorie après lecture qu'avant, Freud déduit trop à partir de trop peu. Et quand je dis « déduit », c'est beaucoup plus « sort du chapeau ».
The Old Man and the Sea de Ernest Miller Hemingway. Un de ces rares bouquins dont l'histoire m'a touché et qui laisse comme un vide à la fin de la lecture (le dernier dans cette restreinte catégorie était Stardust de Neil Gaiman). Hemingway a reçu le prix Nobel de littérature 1954 essentiellement pour ce livre. Du haut de mon autorité littéraire, je dis que c'est pas volé.
Le nouveau comic du jour : Wondermark, en anglais.
Le nouveau comic du jour : Basic Instructions. Via Scott Adams.
J'ai profité des mes escapades ferroviaires de ces deux dernières semaines pour lire, en français pour changer.
Antimanuel d'économie (Bernard Maris) : ça se lit bien, c'est didactique mais ça se répète un peu trop. Bien que l'usage en soit expliqué dès le début du livre, l'expression trop présente de « prix Nobel d'économie » me crispe à chaque fois (renseignez vous, ça n'existe pas). À chaque fin de chapitre divers extraits d'auteurs, économistes ou pas, complètent le propos. C'est comme ça qu'on voit le monde de différences entre les économistes d'hier et les vendeurs de tapis d'aujourd'hui, et que les romans de Michel Houellebecq contiennent en plus du cynisme une fine analyse économique.
L'art du roman et Le rideau (Milan Kundera) : un groupement de textes/discours/entretiens et un essai tous les deux sur l'art du roman en Europe. Deux bonnes lectures mais ça fait double emploi.
Plus je lis Calvin et Hobbes, plus je me dis que Bill Watterson est un dangereux communiste athée anti-publicitaire. Dernier exemple que j'ai sous la main, je pense au strip du 19 avril 1992. Ce type est un héros.
Cette semaine j'ai enfin fini de lire Le grand bond en arrière de Serge Halimi. Je crois que je l'avais commencé fin 2005. Si j'ai mis tellement de temps à l'achever, c'est pas parce qu'il est mauvais. C'est parce qu'au contraire il décrit très bien des choses déprimantes au plus haut point, à savoir comment le capitalisme néo-libéral a été imposé par des groupes d'hommes influents, déterminés, et bénéficiant largement de la trahison de la « gauche ».
J'avais commencé à lire Forteresse digitale de Dan Brown mais au bout de quarante pages je préfère en rester là. L'auteur prétend baser l'intrigue sur de la crypto mais le début est déjà si spectaculairement truffé de conneries que c'en est pénible à lire (je voulais déjà arrêter autour de la page 30, et dix pages de sursis n'ont rien amélioré). Via wikipedia j'ai découvert une critique qui liste quelques absurdités. Les prémisses même de l'intrigue ne tiennent pas la route en ce qui me concerne.
C'est rare que je jette l'éponge sur un bouquin, et aussi tôt ça n'était jamais arrivé. Je n'avais pas l'intention de lire The Da Vinci Code, maintenant j'ai fermement l'intention de ne pas le lire.
Heureusement il y a des auteurs qui parlent de crypto dans leurs romans et qui s'informent correctement au lieu de raconter des âneries, c'est le cas de Neal Stephenson.
L'un des inconvénients de vivre à Paris (pour moi en ce moment), c'est les trajets interminables, en bus et en RER, entre ma cellule surtaxée (« un appartement », il parait) et le labo.
Non ça ne va pas, je la refais. Je disais donc, l'un des avantages de vivre à Paris c'est les trajets dans les transports en commun, où l'on peut se laisser doucement bercer, le nez dans son bouquin. Car un « homme bien conformé[...] devine les remèdes contre ce qui lui est préjudiciable; il fait tourner à son avantage les mauvais hasards; ce qui ne le fait pas périr le rend plus fort. ». Vous l'aurez compris, j'ai récemment fini de lire Ecce Homo de Friedrich Nietzsche et je me suis dit que c'était un moment pas plus mauvais qu'un autre pour parler un peu de ce que j'ai lu récemment (pour deux raisons; d'abord parce que j'ai souvent des idées lecture en lisant celles des autres, ensuite parce que ma page de lecture ne rend pas compte de mon avis).
Sur Ecce Homo, je dirais que c'est pour moi une entrée en matière dans les ouvrages de Nietzsche un peu spéciale; l'auteur nous assène sa conviction de son génie avec une arrogance qui force le respect. Je pense que j'en lirai d'autres de lui.
The Science of Discworld est l'histoire de notre planète, avec un point de vue scientifique qui couvre des aspects astrophysiques, géologiques et biologiques (l'apparition et l'évolution de la vie) et qui s'entrelace avec un point de vue discworldien sur la Terre, forcément naïf car celui des mages de l'Université de l'Invisible. Une excellente lecture et je me demande ce que recèle le second tome.
J'en parle déjà car je l'ai presque fini, We the media m'a nettement moins emballé. Avec un point de vue centré presque exclusivement sur les États-Unis et des inexactitudes qui frôlent avec les erreurs manifestes—mettre la France dans le même sac que la Chine concernant le filtrage sur internet, franchement, je ne suis certainement pas le premier à défendre notre pays concernant le respect des libertés individuelles mais il faudrait peut-être savoir garder un peu de mesure—l'auteur s'esbaudit de comment des technologies nouvelles ou émergeantes (wiki, blog, téléphone portable avec appareil photo ou caméra intégrée) vont révolutionner la face du journalisme et de la démocratie pour faire de chacun de nous un joyeux acteur dans la conversation globale de la démocratie participative qui fera trembler sur sa base l'establishment des médias (je caricature, mais pas de beaucoup). Je ne dis pas que c'est mal, mais moi je lis dans ce livre un optimisme naïf qui agite des buzzwords sans trop les comprendre (soyons frère dans le journalisme open source); et quand on me parle de discussion globale moi j'écoute ce qui se dit et ma réponse tient en un mot : LoL. Pour sa défense, le livre est sorti en 2004 (mais il me semble qu'il était déjà naïf à l'époque, je suppose que je ne suis pas le bon public).
Je passe rapidement sur les thrillers de Brussolo (bien), sur la deuxième trilogie de Robin Hobb (j'ai fini le premier volume et ça part bien) et sur le cycle baroque de Neal Stephenson dont il me tarde de lire le troisième volume.
Ah, et puisque Dieu est mort, ce fut mon plaisir (quoique teinté d'une certaine déception) d'impie notoire d'ouvrir lorsque sonnèrent à la porte une troupe d'enfants porte-paroles d'une religion sur le déclin et venus nous annoncer la veillée pascale. C'est marrant, j'étais pas intéressé. Je prends ceci comme mon devoir civique d'athée de décourager poliment mais fermement les traditions dont la seule excuse est la religion. Alors souvenez vous :
Atheism needs you!
This is the reason why even a really beautiful, ingenious, powerful ad (of which there are a lot) can never be any kind of real art: an ad has no status as gift; i.e., it's never really for the person it's directed at.
Tiré de cet article sur l'art et le copyright.
Je reviens d'une semaine à Paris où j'ai tout d'abord trouvé un appartement où me loger avec une efficacité qui n'est pas sans rappeler celle dont je fais preuve lorsqu'il s'agit de faire du shopping : une journée de visite, trois logements vus et bail signé dans la journée. À en croire Wikipedia je serai donc un « Isséen » à partir du 3 février, et me situerai juste en face du RER C, station Issy.
Je suis aussi quasiment installé dans mon nouveau bureau à l'INRIA Rocquencourt pour un postdoc chez ALGO bien que ma page professionnelle ne le réflète pas encore.
La plaie des transports en commun a ceci de bon que j'ai pas mal avancé dans mes projets de lecture. À propos de transports je vais vadrouiller en France pendant les deux prochaines semaines :
Pas d'inquiétude si je mets du temps à répondre à votre mail donc, cela signifie simplement qu'il était inintéressant, qu'il a été classé en spam par inadvertance, que je n'avais pas le temps de lire mon mail ou enfin que je n'avais pas de connexion sur place pour ce faire.
De mes lectures récentes je vous recommande Propos sur le bonheur d'Alain (même s'il se répète beaucoup), ainsi que In the Beginning was the Command Line de Neal Stephenson (suggestion de Pierrick).
L'hébergement temporaire de la semaine a été assuré par Agathe (que la Licorne Rose la comble de bienfaits). J'aurai encore besoin d'un toît temporaire pour la nuit du 2 au 3 février sur Paris, les volontaires peuvent se manifester avant que je parte moi-même à la chasse :-)
Quand on se réveille à 4h du matin, parfaitement réveillé alors qu'on comptait dormir encore 3h, la lecture du Grand bond en arrière n'est peut être pas la meilleure des idées pour retrouver le sommeil.