Aujourd'hui, alors que la voisine du dessous me fait profiter de Dancing Queen, en boucle, je me rappelle que ABBA était un groupe suédois. Pour cela, entre la Suède et moi il ne peut y avoir ni pardon ni oubli. Never forget.
L'utilisation de renvois à des notes de bas de page tels que les utilisent certains auteurs—j'ai remarqué l'affront le plus souvent chez les matières littéraires ou de sciences humaines et sociales—qui deviennent plutôt des notes de fin de chapitre, voire des notes de fin d'ouvrage, me laisse totalement perplexe. Est-ce que les personnes qui passent aussi formidablement à côté de la notion de « notes de bas de page » prennent parfois la peine de relire leurs documents, notes incluses ?
Car comment faut-il mépriser son lecteur, pour le forcer ainsi à couper le flot de lecture et aller chercher la note il ne sait pas trop où, mais en tout cas bien trop loin de là où elle est pertinente. Ou peut-être les notes ne sont pas faites pour être lues, et alors dans ce cas économisons le papier. Je ne parle pas là des notes que l'on peut trouver dans un texte plus ou moins classique ou ancien, et qui seraient là pour éclaircir quelque point linguistique ou historique du texte : il est légitime de vouloir placer ces notes en dehors du texte principal.
Pour ce qui est de l'objection que parfois les notes sont trop longues pour être raisonnablement incluses en bas de page, je me marre : c'est tout simplement qu'en plus de ne pas bien maîtriser le principe du « bas de page », l'auteur n'a pas bien saisi non plus la notion de « note » : si cela mérite d'avoir la longueur d'un demi chapitre, peut-être que sa place était avec le flot normal du texte...
Et pour finir, je rappellerai que les renvois au notes (de bas de page) n'ont pas pour vocation de tenir lieu de bibliographie : si le contenu de votre note était du type « Tartempion, op. cit. », abstenez vous de cette note qui sera avantageusement remplacée par une référence bibliographique (et vous aurez eu le bon goût de composer—mieux, de faire composer—votre bibliographie avec un label pour chaque item.
Grâce à cet article du Monde, j'ai appris que Dan Brown a commis un nouveau roman. Amusant comme un article relatant une « opération de communication massive » y participe, pas forcément à son insu d'ailleurs (mais je vois le mal partout). Je prends la peine de propager à mon tour la nouvelle, en y ajoutant que je ne lirai pas ce livre, que je n'ai jamais réussi à lire un roman de cet auteur (jamais plus de 30 pages en me forçant tellement j'avais trouvé ça mauvais) et que je considère sa prétention de produire des romans crédiblement ancrés dans le réel grâce à un effort de documentation minutieuse absolument risible, eu égard à l'impressionnant ramassis de foutaises trouvé dans les quelques 30 pages sus-mentionnées de « Forteresse digitale ».
Ce que je déplore, c'est les millions d'heures de lecture combinées qu'on nous promet gâchées de part le monde par la lecture de ce vraisemblable navet—je prends peu de risques vu ses antécédents—alors qu'il y a tellement mieux à lire (au hasard, Neal Stephenson si pour changer de Dan Brown vous voulez lire un auteur qui prend sa documentation au sérieux et qui a du talent, deux petites qualités qui font défaut à Dan Brown).
Your god is dead and no one cares
C'est assez fanstastique d'avoir crié ceci mardi soir (quel concert !) et de lire aujourd'hui que cela aurait pu me coûter 25000€ en Irlande (à partir d'octobre).
J'imagine que nin va devoir ajouter une "Moronic blasphemy bill fee" de, disons, 5€ par ticket de concert vendu en .ie. Ou ne plus s'y produire.
Dans cet article du Monde.fr, on s'interroge sur la réalité de l'antisarkozysme:
Hormis celles de l'UMP, les listes qui concouraient avaient comme point commun l'opposition au chef de l'État. Or, le parti présidentiel arrive largement en tête, ce qui ne s'était pas produit depuis 1979.
Plus haut, on apprend que la liste UMP a obtenu 27,87% des voix. Ce qui signifie, si les autres listes sont antisarkozystes, que 72,13% des voix se sont exprimées contre Sarkozy. Donc, soit l'antisarkozysme est bien réel, soit le point commun avancé n'en est pas un, mais un peu de cohérence et d'arithmétique, ça ne ferait pas de mal.
Je me joins à l'appel au black-out de protestation contre la loi dite HADOPI ou de riposte graduée. Merci à Christophe et à Natacha pour leurs billets que je vous invite à lire. Moi j'ai juste pas envie d'en parler plus, je deviendrais grossier.
C'est en projet, injuste, admirable de bêtise comme souvent : un député propose de faire payer la redevance télé à tout titulaire d'un abonnement internet.
Lu sur lemonde.fr :
Devant les dizaines de journalistes qui l'écoutaient, Ingrid Betancourt est brièvement revenue sur sa libération : "Un miracle que la Vierge a rendu possible." Elle annonce, radieuse, qu'elle sera bientôt reçue par le pape, "un rendez-vous à ne pas rater".
Je comprends que la joie de retrouver la liberté puisse amener à dire des conneries. Je pense aussi que c'est grave d'être retenu otage et qu'il faut lutter contre ce genre de pratiques. Néanmoins, je n'ai jamais compris pourquoi son cas devait être une cause nationale. L'excès médiatique autour de son enlèvement me les brisait menues pendant sa captivité. Mais depuis qu'elle est libre, c'est simplement intenable.
En ce début d'après-midi dans la gare de Lyon à Paris, un groupe de personnes venues assister voire participer à une finale de chant chorale a joué du klaxon pour ponctuer des slogans d'encouragement pour l'équipe de Grenoble, assourdissant à l'occasion quelques centaines de voyageurs qui n'en demandaient pas tant, et prouvant à leur manière admirable que même si ça aide, il n'y a pas besoin d'être supporter sportif pour être con.
Je faisais mes courses lundi soir dans un hypermarché que je fréquente régulièrement. À la caisse on me demande (comme d'habitude) si j'ai une carte de fidélité, comme d'habitude je réponds que non.
Contrairement à l'habitude, on me demande si j'en veux une et, dans l'intérêt de la science, je décide de répondre oui pour avoir une idée de la procédure. Il faut dire que je souffre d'un besoin maladif d'avoir mes moindres achats épiés et répertoriés dans une base de données à but commercial, en l'échange de bonus et réductions dérisoires.
Le formulaire est simple à remplir, il se compose d'une feuille de baratin expliquant pourquoi il est capital pour mon bien-être de le remplir, et du formulaire proprement dit où toutes les infos ou presque (à savoir, sauf le nom et l'adresse) sont facultatives. Je vais donc à l'accueil pour recevoir un stylo et remplir mon précieux formulaire.
L'hôtesse de l'accueil me jette un stylo. Je remplis le strict minimum. puis je bloque sur le « Je déclare avoir pris connaissance des conditions générales d'utilisation de la carte de fidélité » suivi de l'emplacement pour signature. Je demande ces conditions à l'hôtesse qui me gratifie d'un regard et d'un ton que l'on réserve aux débiles profonds pour me répondre qu'il s'agit d'une simple carte de fidélité, pas d'une carte de paiement. J'explique avec le sourire que je ne peux pas déclarer avoir lu un document que je n'ai pas vu. Agacée, elle prétend que les conditions, c'est ce que j'ai entre les mains. Et que si je ne signe pas, ma carte ne sera pas activée. Je retourne la feuille qui ne contient évidemment que du pipo commercial, fais remarquer que ça ne ressemble pas à des conditions d'utilisation, d'ailleurs ça n'en porte pas le titre, et renouvelle ma demande.
Le collègue de mon hôtesse (qui n'avait rien de charmante) prend le relai pour la ménager et me propose d'aller voir au service spectacles et billeterie, ils les ont sûrement, ces fameuses conditions. Je vais patienter à ce guichet. Au bout de cinq minutes, quelqu'un s'occupe de moi, prend mon formulaire (rempli sauf la signature), et me demande ce que je souhaite tout en signant mon formulaire. Après avoir signé, son cerveau se met en marche et lui fait s'écrier « Merde, j'ai signé à votre place! ». Je lui explique donc mon souhait de voir les conditions d'utilisation de la carte. Pendant ce temps il recopie mon formulaire maintenant bon à jeter sur un formulaire vierge. Il ne les a pas, ces conditions, mais il me donne un catalogue d'avantages liés à la carte, me présente le quatrième de couverture en pointant l'adresse du service marketing et me suggère de leur écrire pour leur demander. Il finit de recopier mon formulaire, le retourne vers moi et me tend le stylo en me disant « Voilà je vous laisse signer ».
Là, j'avoue que le fou rire n'est pas loin. Mais je garde mon calme et lui explique que mon problème n'a pas été magiquement résolu. Toujours pas de conditions, toujours pas de signature. Il m'informe pour finir qu'il doit donc conserver le formulaire tant que je ne l'aurai pas signé. Je pense qu'il va pouvoir le conserver longtemps.
Je ne sais pas ce qu'il y a de plus marquant dans mon expérience :
Il n'y a sans doute pas de raison de leur en vouloir à eux particulièrement d'être aussi mauvais dans leur relation client, aussi arrogants et désinvoltes concernant un document qui prétend me lier à des conditions d'utilisation que je n'avais pas l'intention d'accepter de toute façon. Mais parfois il m'arrive d'imaginer que les enseignes de supermarchés dans mon coin, toutes tailles confondues, ne porte pas toutes ou presque la marque Casino.
Dans la série « J'aurais pas pensé que ça existait encore », je salue joyeusement Brandt qui vend des gazinières sans piézo, qui s'allument donc au briquet ou à l'allumette. C'est tellement gros comme défaut que j'ai même pas pensé à vérifier ce point de détail. Bravo les gars.
L'avant dernière fois où j'avais eu envie de prendre un téléphone mobile, j'avais opté pour un système de carte prépayée chez NRJ Mobile, car au moment de mon choix le crédit de communication n'expirait pas dans le temps.
Dans les quelques semaines qui ont suivi ma décision, NRJ Mobile annonçait des nouveaux tarifs et des « nouveau avantages » parmi lesquels le privilège d'avoir un crédit de communication qui expire dans le temps, aussi vite que partout ailleurs.
Partout ailleurs ? Pas exactement, car je m'étais alors rabattu sur Virgin Mobile qui avait le bon goût d'avoir une durée de validité unique pour les recharges (à partir de 10€, les recharges à 5€ ne modifiant pas la date de péremption comme cela est classique chez les autres aussi) d'une durée de trois mois, ce qui me semblait confortable pour ma faible utilisation, étant données les conditions chez les autres opérateurs.
Ça ne pouvait pas durer. On ne peut pas se payer JCVD pour sa pub et continuer à faire des offres si avantageuses pour les clients. À la lecture de la nouvelle fiche d'information sur les cartes prépayées datée du 23 août, la durée de validité des recharges de 10€ n'est plus que de 1 mois, soit trois fois moins qu'avant, mais encore deux fois plus que chez Orange, par exemple. Si vous ne vous en étiez pas rendu compte jusqu'alors, c'est parce que jusque novembre environ la durée de validité des recharges à 10€ est maintenue à trois mois à titre de promotion. Belle façon de noyer le poisson.
C'est beau comme la concurrence dans un marché libre profite toujours au consommateur.
Update : j'avais rechargé mon crédit de 10€ via l'interface web et bien que mon compte bancaire a été débité, mon crédit téléphonique restait épuisé. Le contact du service client via l'interface email a résolu le problème de façon satisfaisante dans un délai qu'on admettra raisonnable de 6 jours, qu'on peut aussi voir comme 3 jours après l'envoi d'une pièce justificative. Je considère que c'est plutôt pas mal.
Je crois que quand on donne de l'argent sans rien espérer en retour, c'est du don, du mécénat, ou du sponsoring. Là c'est plutôt involontaire puisque les petits plaisantins de chez Free m'ont retiré 30€ le mois dernier, alors que je n'ai évidemment toujours pas de connexion (ça fait 5 mois maintenant) et ceci explique que je n'ai pas vraiment le nez sur mes comptes. Ça me met tellement en joie, j'en suis prêt à embrasser un poulpe.
Quand j'appelle le service technique de Free, je tombe systématiquement sur une fille avec un accent assez fort pour nuire à la compréhension, ce qui en soit serait supportable si la « communication » n'était pas interrompue chaque demi-seconde par une mini-coupure. Très agréable. Je suis donc les conseils de gens qui sont passés par là et je tente le support technique « Tchat ». La séance d'hier n'était pas mal du tout :
tchatteur dit : Bienvenue sur le tchat de Free. En quoi puis-je vous aider? Laurent dit : bonjour Laurent dit : il s'agit d'un problème de déménagement Laurent dit : j'aimerais savoir si mon dossier est bien complet, et que tout se passe bien. Laurent dit : parce que ça fait un mois que je suis bloqué dans l'étape 2. tchatteur dit : pouvez vous me communiquez votre numéro de téléphone? Laurent dit : oui Laurent dit : 01******** tchatteur dit : pouvez vous me communiquer le nom du titulaire de la ligne ainsi que votre adresse mail de contact? Laurent dit : Laurent Fousse et laurent@.... tchatteur dit : enchantée, vous êtes sur quelle offre? Laurent dit : freebox Laurent dit : allo ? La session de votre interlocuteur à été interrompue, la fenêtre va se fermer dans 30 secondes ...
Il vous manque le timing pour bien apprécier l'intensité du débat. Au moins ça a plu à quelqu'un, elle était « enchantée ». J'ai pas peur, je recommence ce matin :
tchatteur dit : Bienvenue sur le tchat de Free. En quoi puis-je vous aider? Laurent dit : bonjour Laurent dit : je voudrais m'assurer que mon dossier de déménagement est complet, bien pris en compte tchatteur dit : Bonjour, puis-je avoir votre:Nom, prénom et le numéro de téléphone? Laurent dit : Fousse Laurent, 01******** tchatteur dit : Si je comprend bien votre demande vous désirez des informations sur l'etat d'avncement de votre dossier de demenagement? Laurent dit : oui Laurent dit : j'ai envoyé les papiers demandés, et une lettre est revenue m'indiquant qu'il manquait le formulaire d'inscription au nouveau numéro Laurent dit : or je n'ai pas ce formulaire Laurent dit : depuis, quand j'appelle la hotline on me dit que mon dossier est complet. Laurent dit : cependant, je suis à l'étape 2 depuis le 11 février. Laurent dit : alors j'aimerais savoir si je peux espérer avoir une connexion avant la fin de l'été ou bien si on laisse tomber et je vais voir ailleurs. La session de votre interlocuteur à été interrompue, la fenêtre va se fermer dans 30 secondes ...
Du grand art.
J'ai vu récemment des affiches de pub pour des plats cuisinés assurant l'acheteur potentiel du soucis que le fabricant industriel a pour sa santé : les plats en questions ne sont pas trop gras, et cachez cet excès de sel que je ne saurais voir. Est-ce que les recettes ont vraiment changé, je ne peux d'autant moins le dire que je ne consomme pas ces produits. Ce qui est certain c'est que la préoccupation des consommateurs pour la qualité de leur nutrition s'est accrue à mesure qu'on leur promet hypertension, obésité, cancer, perte de l'être aimé, s'ils osent se permettre des excès de « truc » (remplacer « truc » par la combinaison de « sucre », « sel » ou « graisse » suivant la mode) ou qu'ils mangent des aliments déviant de l'orthodoxie du moment. Alors on leur promet de ne pas mettre trop de « truc » dans ce qu'on leur vend. Ça ne coûte pas cher et puis la notion d'« éthique » publicitaire est telle que cela n'engage strictement à rien.
Du point de vue de la technique publicitaire c'est pas mal, mais il leur reste beaucoup à apprendre des maîtres du domaine, à savoir Coca-Cola. Les affiches publicitaires pour la dernière mouture de la boisson (« Coca-Cola Zero » : prenez le coca light et changez son nom, et vous avez créé un nouveau besoin stupide chez le client sans—presque— lever le petit doigt) sont ponctuées d'admonestations gentiment paternelles, les voici (elles commencent toutes par « Pour votre santé » que j'ai omis ici) :
Je dis bravo. L'ironie du sort veut que j'ai justement fini de lire le Monde Diplomatique de mars 2005 (petit apparté : ce qui est bien avec une grande partie des articles du diplo c'est qu'en plus de fournir une information actuelle ils proposent une analyse qu'il est encore intéressant—voire plus— de lire avec du recul. L'importance de l'« actualité » est largement surestimée dans la plupart des sources d'information. Retour à nos moutons) dans lequel se trouve un article dénonçant l'appropriation illicite, bref le vol, des ressources naturelles en eau par les usines de Coca-Cola (ils ne sont pas les seuls, cela concerne les fabricants de boissons gazeuses en général) en Inde. Non contente de priver d'eau les habitants, de polluer terres et cours d'eau, l'usine produit du coca vendu localement qui contient des traces de pesticides. Mais c'est dans la limite des doses légales, donc tout va bien, et puis dans l'esprit du décideur pressé de chez Coca l'Inde c'est presque le tiers-monde, c'est pas comme si cela se produisait « chez nous » (aux États-Unis le coca ne contient aucune trace de pesticide).
Quand je lis ces slogans je me dis donc que décidément la meilleure défense c'est l'attaque. À mon goût il manque deux conseils importants, je suggère « Pour votre santé ne buvez pas Coca-Cola » ou encore « Si vous avez soif buvez de l'eau ». Mais j'imagine que cela serait contre-productif, on veut bien jouer au coach santé du client mais il y a des tabous à ne pas transgresser. Zéro. Coca-Cola. Il y a de l'idée dans ce nouveau nom de produit, qui pourrait bien devenir un slogan à part entière.